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Nokia-Siemens : un Big Brother payable à crédit

Le flicage légal des citoyens sous prétexte de lutte contre le terrorisme semble, ces jours-ci, furieusement tendance.
Mais Un flicage qui, généralement, est sous-traité à des entreprises privées, opérateurs, fournisseurs d’accès internet, soit par lancement « d’offres de marché de l’écoute téléphonique » lancés par l’Etat –ainsi que cela se pratique Outre-Atlantique-, soit par le biais de contraintes légales comme cela est le cas notamment en France dans le cadre de « l’obligation de rétention » des données par les FAI.
S’ajoute à ce contexte la tendance générale à la surveillance « interne », généralement dictée par les contraintes normatives et légales du monde moderne. Avec la floraison des SarbOx, Bâles II et autres dispositions internationales ou intracommunautaires, les responsables d’entreprises voient parfois leur responsabilité engagée là où on le soupçonne le moins.

Dans un article fort bien vulgarisé, le New Scientist se penche donc sur le bouquet de propositions commerciales des entreprises versées dans l’art de l’interception.
Et plus particulièrement sur les produits d’un tandem de choc, Nokia-Siemens, dont la « synergie de l’offre » s’enrichit d’un paquet « surveillance in a box » ainsi que d’un « monitoring center » capable de collecter des données « from sources such as telephone calls, email and internet activity, bank transactions and insurance records ».
Une fois ces données extraites et analysées à l’aide de « modules d’intelligence », elles serviront à surveiller les personnes dont les comportements auront été profilés, et émettront des alarmes dès qu’une habitude ou un mode de vie électronique sortira des schémas classiques.

Qu’un média d’audience relativement grand-public s’inquiète de ce big-brotherisme, prenant à témoin les principales organisations de défense des libertés individuelles, voilà qui n’est pas nouveau.
Ce qui est plus rare, en revanche, c’est que le journaliste voit se profiler insidieusement l’installation d’un corpus législatif et d’outils de surveillance sous prétexte de lutte antiterrorisme, outils qui, entre les mains d’un gouvernement moins démocratique pourraient devenir de véritables leviers d’oppression.
Un cri d’alarme d’autant plus retentissant que l’on peut difficilement taxer nos confrères du New Scientist d’alarmisme tapageur.

Le « groupement d’intérêts économiques » constitué par l’alliance Nokia-Siemens ne doit pas non plus être pris pour seul et unique exemple. Chaque équipementier possède, dans ses tiroirs, un arsenal d’armes liberticides et paranophiles qui n’attendent qu’une embellie politique pour prendre corps. L’erreur serait de ne condamner que l’outil et son fabricant tout en éludant la responsabilité réelle de celui qui légalise son usage.

Par le plus grand des hasards, la veille de la publication de l’article du New Scientist, Ray Bradbury fêtait ses 88 ans nous apprend le L.A.Times. Bradbury est l’auteur de Farenheit 451, porté à l’écran par François Truffaut, ouvrage qui dénonce précisément les régimes totalitaristes et leur amour immodéré pour le contrôle des communications et du savoir.





 
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