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Best Western : totalement à l’Ouest et identités à l’Est

Le Sunday Herald nous révèle une histoire à côté de laquelle l’affaire TJX risque de passer pour une aimable plaisanterie : durant plus d’un an, les serveurs de la chaîne d’hôtels Best Western auraient alimenté les bases de données des pirates Russes.

Un vol d’identité organisé qui toucherait 8 millions de personnes. Nom, prénom, adresse, numéro de téléphone, numéro de carte de crédit, emploi… toutes ces données figuraient dans les registres informatiques de la chaîne hôtelière.

Ce qui fait écrire, avec cet art de l’understatement dont seuls les britanniques journalistes sont capables, « experts fear that information seized in the raid is already being used to pursue a range of criminal strategies ».

Ce que les experts « craignent » … les observateurs spécialistes du vol d’identité en sont hélas bien certains. Nos confrères notent également que, dans certains cas, ces données étaient accompagnées des dates prévues des prochains déplacements des victimes… un genre d’information qui vaut son pesant d’optimisation de l’emploi du temps chez les monte-en-l’air et autres spécialistes du baluchonnage.

De prime abord, le nombre de victimes est très nettement inférieur aux 45 millions d’identités évaporées de l’affaire TJX (où l’on ne parle que de « victimes potentielles »). Mais la qualité des données dérobées laisse entrevoir une probabilité d’exploitation bien plus certaine.

En se basant sur le « montant moyen »des sommes volées calculé par la traditionnelle enquête du CSI/FBI, nos confrères du Sunday Herald en concluent, peut-être un peu trop rapidement, que l’on peut d’ores et déjà estimer que la perte financière directe subie par les victimes –les clients de Best Western- gravite aux environs de 2,8 milliards de Livres Sterling.
L’exploitation desdites données, quoique très probable, n’est pas encore un fait avéré. Espérons cette fois que le montant des dols reflété par les avocats et la presse anglo-saxonne ne se limitera pas aux dommages subits par le principal responsable de cette fuite : l’hôtelier lui-même.

L’expérience nous apprend en effet que les « pauvres cybervolés » tels que le New York Times, les banques frappées par la sombre affaire Cardsystems, le réseau TJX, se « sortent » généralement bien de ces mésaventures.
Une étude de Kenneth F. Belva, intitulée « How It´s Difficult to Ruin a Good Name: An Analysis of Reputational Risk » et publiée en 2005, montrait, après analyse des conséquences de l’affaire Cardsystems, que le pire que pouvait subir une entreprise était un léger fléchissement du cours de son action dans les semaines qui suivaient le piratage. Passé un an, et sans nécessairement avoir orchestré de campagne de restauration d’image de marque, l’affaire était oubliée et le business retrouvait un rythme florissant.





 
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