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Le Kremlin et les Gremlins
Le cyber-conflit qui oppose les réseaux mafieux du RBN Russe et les infrastructures nationales de Géorgie continue à faire couler beaucoup d’encre. D’autant plus que, selon certains experts, la « patte » du Kremlin aurait été formellement reconnue. Selon nos confrères du Reg, Don Jackson serait parvenu à remonter la chaine des réseaux Russes d’attaque, pour aboutir sur des installations appartenant à l’Etat. Harbor Network tire des conclusions identiques.
Mais l’analyse la plus poussée, la plus approfondie est celle d’un homme de l’Est, Dancho Danchev, dans un papier titrant « Qui est derrière la cyber-attaque lancée contre la Géorgie »... Et de répondre ironiquement « Les Klingons, naturellement ! ». C’est, dit en substance Danchev, une attaque très logique, le fruit éducatif d’une société qui, des décennies durant, a fabriqué un « citoyen-soldat » susceptible d’être appelé à servir la nation sans qu’il soit nécessaire de lui donner un uniforme ou de lui verser une solde*. L’attaque des réseaux Géorgiens n’a pas eu à être commandée par un Etat Major spécifique… elle relevait presque du réflexe conditionné.
Et de continuer sur le fait qu’il est indiscutable que ces cyber-attaques sont, sinon directement dirigées, du moins discrètement suggérées ou pudiquement ignorées par le gouvernement Russe. C’est là le fruit d’une véritable culture de l’alliance objective au sens marxiste du terme, autrement dit le mariage improbable d’un ange et d’un démon dans le but d’atteindre un objectif commun, coûte que coûte. Les « vilains pirates » de provenance « probablement » Chinoise qui ont tenté de pénétrer les infrastructures des différents pays Européens –et notamment de la France- procèdent de ce même état d’esprit. Toute protestation officielle est vaine, car ces francs-tireurs de l’octet et de la trame n’appartiennent à aucune armée officielle opérant dans le cadre d’opérations militaires conventionnelles.
S’il n’en fallait qu’une preuve, l’on pourrait citer cette édifiante « réponse » des hackers Russes, des gentils passionnés d’informatique qui « refusent d’être apparentés à l’infâmant réseau RBN » et qui, s’ils s’engagent dans une guerre des sciences de l’information, ne le font que par patriotisme, sans même recevoir d’ordre de leur gouvernement. La phraséologie utilisée est telle que l’on croirait lire un article de la Pravda période Nikita Khrouchtchev.
Certes, de leur côté, les Russes déplorent quelques attaques lancées par les Géorgiens. Mais en vertu du principe qu’il est difficile de faire une omelette sans casser d’œufs, on peut difficilement prendre au sérieux les cris de martyrs que poussent les « victimes » (notamment quelques bureaux de l’agence de presse Novosti).
La véritable question n’est pas de savoir si la Géorgie –tout comme en son temps l’Estonie- est ou non victime d’une agression particulière. La question de fond est de déterminer le niveau de compromission qui existe entre les dirigeants –ou l’Etat Major- de certains régimes musclés et les couches mafieuses soi-disant « incontrôlées » en temps normal et étonnamment disciplinées en période de conflit.
*NdlC Note de la Correctrice : Voilà un paradoxe de la langue française absolument adorable. Solde est un mot féminin lorsqu’il est militaire, et masculin lorsqu’il intéresse principalement la gente féminine (mais, utilisé généralement au pluriel, il devient plus ou moins androgyne).
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